Débat – Une monnaie locale gersoise

Revivez le débat diffusé sur l’antenne de Hit Fm radio ce mardi 4 mai.

Dans le cadre des élections départementales les 20 et 27 juin prochains, Philippe Martin mènera une liste composée de 34 femmes et hommes, sous la bannière : Gers en commun.

De gauche à droite : Audrey Bourrust, agricultrice, Sylvie-Marie Ferrieu, membre de l'association "Une plume pour elle", Philippe Martin, candidat sur le canton "Baïse-Armagnac", Marie-Pierre Desbons, candidate sur le canton "Adour Gersoise"
De gauche à droite : Audrey Bourrust, agricultrice, Sylvie-Marie Ferrieu, membre de l’association « Une plume pour elle », Philippe Martin, candidat sur le canton « Baïse-Armagnac », Marie-Pierre Desbons, candidate sur le canton « Adour Gersoise »

Une campagne sous contraintes sanitaires qui nous conduit à innover.

Innover, c’est imaginer de nouvelles façons pour bien vivre, bien se soigner, bien se déplacer ou encore bien manger. Cette réflexion, je veux la faire avec vous, gersoises et gersois en menant une campagne résolument participative.

C’est déjà le cas lors de mon dernier mandat où, avec la majorité départementale, nous sommes engagés dans une démarche qui vise à associer d’avantage les citoyens dans les décisions qui les concernent.

C’est encore et toujours le cas avec le lancement de la plateforme idées en commun qui regroupe 7 thématiques de la vie quotidienne et où vous êtes déjà plus de 200 à avoir envoyé vos suggestions, vos idées.

Sur notre plateforme, 3 idées plus « disruptives » sont également mises en débat. La création d’une monnaie locale est l’une de ces idées. Elle peut dérouter mais elle est intimement liée à notre volonté de re localiser la consommation des produits issus de notre agriculture ou réalisés par nos artisans.

Un constat : sur un panier de courses de 100€, seulement 7€ reviennent à nos producteurs gersois.

Malgré les contraintes sanitaires, nous voulons permettre aux citoyens d’échanger avec nous, pour construire ensemble, un Gers en commun.

Ce soir, nous répondrons à vos questions sur la création d’une monnaie locale gersoise, à l’instar de l’Eusko, chez nos voisins basques.

J’apporterai un soutien fort aux citoyens qui s’empareront de cette question, comme ce soir avec Marie-Pierre Desbons (candidate Gers en commun) et Sylvie-Marie Ferrieu, toutes deux, membres de l’Association « Une plume pour elle ».

Une idée aux services des consommateurs et des agriculteurs, comme Audrey Bourrust, avec nous à l’antenne. 

Alors c’est quoi cette monnaie locale ?

On parle très précisément de monnaie locale complémentaire et citoyenne : la définition est entièrement dans le nom. Une MONNAIE, c’est un moyen de paiement, LOCALE, parce qu’elle est utilisée sur un territoire bien défini dans un réseau limité de commerces et de producteurs, COMPLÉMENTAIRE car elle n’a pas vocation à remplacer l’euro, mais à offrir un moyen de paiement supplémentaire et différent dans son esprit, en enfin CITOYENNE car ce sont en effet des citoyens regroupés en association qui sont autorisés juridiquement à créer et à faire vivre une monnaie locale. Cela veut dire qu’une monnaie locale d’un territoire appartient à ses habitants. Ici, la monnaie locale que nous lançons, La Plume, sera la monnaie du Gers et donc des Gersois.

Sylvie-Marie Ferrieu, membre de l'association "Une plume pour elle"
Sylvie-Marie Ferrieu, membre de l’association « Une plume pour elle »

Où pourrai-je utiliser cette monnaie locale ?

  • Tout le monde pourra posséder et utiliser des plumes dans un réseau de producteurs, de commerces, d’artisans, de services, publics ou privés, d’associations, de festivals qui auront tous en commun d’être présents et de travailler dans le Gers, et de répondre à des valeurs de respect du vivant, du respect de l’environnement et de créer du lien économique et social
  • L’association va créer l’annuaire de tout ce réseau d’acceptation qui aura adhéré à la charte de la monnaie locale pour que nous sachions tous où aller dépenser nos plumes

Où pourrai-je retirer cette monnaie et sous quelle forme ?

Dans un premier temps, en 2022, la monnaie sera sous forme de billets, que nous pourrons aller chercher dans des bureaux de change partenaires présents dans tout le département (des commerces comme des bureaux de tabac ou des maisons de la presse par exemple, des services publics comme une bibliothèque ou une médiathèque, plus généralement des lieux ouverts au public qui accepteront de jouer ce rôle), puis en 2023, il est prévu de pouvoir utiliser la monnaie locale sous forme numérique avec la création d’une application que nous pourrons télécharger sur notre téléphone et utiliser directement sur le lieu de consommation ou d’achat.

Qu’apporterait la création d’une monnaie locale pour le Gers ?

  • Tout d’abord, il faut redire qu’une monnaie locale, c’est très sérieux et très concret : il existe environ 80 monnaies locales en France, toutes sont encadrées par la loi du 31 juillet 2014, et elles sont toutes partenaires d’une banque, en général une banque la plus éthique possible.
  • Très concret aussi, parce qu’une monnaie locale, c’est tout le contraire d’une monnaie virtuelle. Une monnaie locale, ça sert uniquement à payer des vrais gens qui habitent et travaillent dans le Gers, des vrais produits et des vrais services gersois. Vous ne pouvez pas spéculer sur les marchés boursiers, et si vous épargnez la monnaie locale, elle ne vous rapporte rien. Donc, vous voyez qu’en payant un vrai travail effectué ici, la monnaie locale soutient l’activité et donc l’emploi local.

Mais on peut aussi favoriser un producteur local en le payant en euros ? Une monnaie locale, qu’est-ce que ça apporte en plus ?

Voici un exemple : Dans le Gers, on dépense chaque année 500 millions d’euros pour se nourrir. Sur ces 500 millions, moins de 10% sont dépensés dans des produits locaux, auprès de nos producteurs gersois. Cela veut dire que nous faisons partir on ne sait pas où ni dans les poches de qui plus de 450 millions d’euros par an, alors que nous sommes le premier département agricole de France. Vous voyez d’abord que nous avons une énorme marge de manœuvre pour développer la production locale. Alors, pour quelle raison est-ce encore mieux de payer un producteur gersois en monnaie locale plutôt qu’en euros ? Si vous payez en euros, vous ne savez pas, une fois que vous les avez donnés, auprès de qui ils vont être dépensés après. Statistiquement, ils ont plus de 90% de chances de repartir très loin. Alors que si vous payez en monnaie locale, vous êtes sûr que votre argent, que vous dépensez une fois, continuera toujours de circuler sur notre territoire, et servira donc toujours à le développer.

Je suis agricultrice, l’idée me plaît car elle permettrait de valoriser mes produits et de participer à une aventure humaine mais : N’est-ce pas plus compliqué pour moi d’accepter une monnaie locale plutôt que l’euro ? (d’un point de vue comptable)

C’est un peu différent, mais ce n’est pas très compliqué en pratique. Je vous achète pour 50 euros de porc noir et je décide de vous en payer une partie en euros et l’autre partie en monnaie locale. Vous éditez une facture normale, en euros, avec TVA, et vous précisez au bas de la facture le montant qui a été payé en euros et le montant qui a été payé en monnaie locale. Dans votre comptabilité, il vous suffit de créer un compte de trésorerie qui retrace les opérations effectuées en monnaie locale. Mais au total, toute la comptabilité est en euros. En comptabilité, c’est comme lorsque vous acceptez des chèques ou des titres restaurant, c’est un moyen de paiement complémentaire.

Philippe Martin, candidat sur le canton "Baïse-Armagnac"
Philippe Martin, candidat sur le canton « Baïse-Armagnac »

On s’inspire de l’expérience de l’Eusko, dans le Pays Basque, là-bas, les adhérents ne disent pas subir de difficultés supplémentaires. Au contraire, cette monnaie est acceptée par plus de 1000 commerçants (coiffeurs, opticiens…) et producteurs basques.

Ils sont fiers de pouvoir payer leur baguette avec la monnaie locale utilisée par leurs clients qui eux-mêmes leur ont acheté des produits.

Une monnaie locale peut être une première réponse à la baisse de la consommation locale. Une réponse adaptée à notre offre « agricole et artisanale » que je soutien et soutiendrai à 100%.

Il est de la priorité de Philippe Martin et de celle des 34 candidats Gers en commun de continuer d’innover pour valoriser, accompagner et développer les acteurs de notre économie locale.

Rendez-vous le 18 mai pour aborder la question de la place du vélo grandissante dans notre quotidien :

Et si on réservait des boucles de 20 à 30kms pour les cyclistes, qu’ils soient amateurs ou passionnés, un dimanche par mois dans nos 17 cantons ?

Vous pouvez d’ores et déjà nous envoyer vos suggestions sur gers-en-commun.fr – page « Débattons-en tous ensemble ».

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